République populaire de Chine

Colored flag of China

→ La Chine n’est pas un pays signataire de la Convention de Vienne sur la circulation routière (1968).

→ La Chine figure à la 20ème place du Autonomous Vehicles Readiness Index 2019 (16ème en 2018).

Aspects législatifs & politiques

• Généraux

Première puissance économique mondiale – en termes de PIB mesuré en parité de pouvoir d’achat – la Chine est un État communiste à parti unique.

• Circulation routière

La Chine dispose d’un Ministère des Transports, d’un Ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information, et d’un Ministère des Sciences et Technologies. Selon l’OMS, plus de 250.000 personnes perdent la vie sur les routes chinoises, chaque année. S’agissant du pays le plus peuplé de la planète, ce chiffre pourrait être à relativiser, mais il demeure important : sur une échelle similaire, il est 12 fois plus élevé qu’en France. Les chiffres officiels déclarés par le gouvernement chinois à travers son Bureau National des Statistiques sont d’ailleurs quatre fois moins élevés que ceux de l’OMS.

Le Véhicule autonome en Chine

Compte tenu de ses problématiques spécifiques (importante mortalité routière, émissions record de gaz à effet de serre, pollution de l’air, longues distances, congestion des villes) mais aussi de sa volonté stratégique d’étendre son influence et sa puissance grâce à la domination technologique, le déploiement de véhicules autonomes représente pour la Chine,  premier parc automobile de la planète, une opportunité à ne pas manquer. Toutefois, le cabinet KPMG, classant le pays à la 20ème place, relève des limites structurelles qui devront être dépassées pour permettre le développement de cette innovation sur son territoire, aux nombreux atouts.

• Une législation en phase d’adaptation et de concrètes expérimentations

En 2018, le gouvernement chinois a autorisé l’expérimentation de véhicules autonomes sur ses routes nationales. Dès le mois de février, des startup chinoises ont ainsi pu réaliser des tests dans le sud du pays. Le géant chinois, Baidu, avait déjà pu procéder à de telles expérimentations dès 2015, sans attendre la légalisation officielle de ce processus. En plus d’avoir offert un libre accès à son code source et aux données nécessaires à l’entraînement des algorithmes, son fonds d’investissement, Apollo, a été doté de plus d’un milliard d’euros pour financer les startups nationales travaillant sur le développement du véhicule sans conducteur. Le pays ambitionne également d’équiper l’ensemble de son immense territoire de la technologie 5G, indispensable pour permettre la circulation d’un véhicule autonome.

• Une population enthousiaste et des investisseurs séduits

La Chine se démarque justement auprès des entreprises et investisseurs par sa volonté de tester rapidement ses innovations, en offrant un cadre moins stricte que celui en vigueur chez ses voisins, tel que Singapour. Autre atout indéniable pour les investisseurs, 80% des Chinois interrogés se disent prêts à monter à bord d’un véhicule autonome, bien plus que les Américains ou les Européens. Ils sont également particulièrement friands de déplacements via les véhicules à la demande : forte de ses 550 millions d’utilisateurs et 30 millions de trajets quotidiens, l’application chinoise de réservation de véhicules, Didi Chuxing, est parvenue à évincer l’américain Uber du territoire chinois et investit également massivement dans le développement d’une flotte de véhicules autonomes. Le jeu en vaut la chandelle : une voiture sans conducteur permettrait de diminuer de moitié le prix de ses courses. Enfin, la Chine possède sur son territoire de nombreuses startups et grandes entreprises dédiées à la technologie automobile, possédant pour la plupart une ambition internationale.

• Des handicaps structurels à dépasser et un paysage urbain à repenser urgemment

La circulation en Chine est aujourd’hui chaotique, compte tenu notamment de l’engorgement de ses villes. Le développement technologique ne suffira pas à combler ce problème : il sera nécessaire de repenser le paysage urbain et adapter ses infrastructures. L’enthousiasme de la population, habituée aux trajets à la demande, pour le véhicule autonome, pourrait démultiplier le nombre de courses réalisées, et engorger davantage les routes nationales, notamment dans les villes.
Le cabinet KPMG alerte également sur la médiocrité de l’environnement encadrant le partage de données sur le territoire : la Chine est classée dernière dans ce domaine, derrière l’Arabie Saoudite, avec un score de 0.