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Des vœux sous le signe du jeu

Encore tout jeune, Unir n’a pas attendu pour présenter ses premiers vœux à ses partenaires. Pensé à l’image d’Unir, ce petit événement a été pour ses invités l’occasion de concevoir l’avenir de la mobilité de façon ludique et conviviale grâce à Robospectif, un jeu développé, depuis Lyon, par le Laboratoire Aménagement Économie Transports (LAET).

Ce jeu de plateau encourage les participants à imaginer l’apport des véhicules autonomes dans nos vies. C’est donc avec beaucoup de curiosité que les six joueurs, réunis pour l’occasion, se sont lancés dans la construction de robots-mobiles. Chacun le leur. Avec comme seules contraintes que leur véhicule autonome transporte des biens ou des personnes et qu’il réponde à six caractéristiques intrinsèques imposées allant de la génération de son énergie jusqu’à la capacité d’échanger des données, de percevoir et d’analyser son environnement.

Conquis par l’expérience, Bruno Petit de Carglass estime que Robospectif permet de penser à des usages inédits et souligne « l’inventivité générée par les échanges engagés lors de la phase de débat qui invitent au détachement du quotidien nécessaire à la projection». Une phase de débat également appréciée par Cassandra Macé de l’équipe permanente d’Unir qui estime que ce moment « permet d’affiner les questionnements en se demandant si, vis-à-vis de la société, de l’environnement ou de l’humain, le robot construit par chacun des participants est pertinent. D’ailleurs, l’attribution par l’arbitre de bons ou mauvais points incite à aller plus loin que le jeu et à penser aux impacts du robot s’il venait à voir le jour. »

Véritable outil de dialogue, Robospectif est un support qui favorise l’échange sur les véhicules autonomes en y invitant toutes les parties prenantes… un indéniable point commun avec Unir ! Et nous avons été ravis de faire découvrir ce serious game aux participants, tout en regrettant qu’ils aient été trop rares… mais avec la promesse d’être plus nombreux pour les vœux 2020 !

 

Marie Schmidt

Collecte de nos données personnelles : le prix à payer pour entrer dans le futur ?

Où vous trouviez-vous le soir du 10 août 2018 ? Quel(le) candidat(e) avez-vous soutenu(e) aux dernières élections présidentielles ? Autant de questions qui nous surprendraient de la bouche d’un inconnu, voire celle d’un ami. Pourtant, de parfaits étrangers en connaissent les réponses, car nous avons simplement utilisé un réseau social sur notre smartphone ou pris place à bord d’un véhicule autonome et connecté.

Pour sa 4ème rencontre au sein de l’ESCP Europe,  le 29 novembre dernier, la Chaire Internet of Things s’est penché sur la Géopolitique du l’IoT. Une thématique qui s’est révélée particulièrement pertinente. En effet, comme le rappelle M. Charles Thibout, spécialiste des enjeux géopolitiques et stratégiques des technologies émergentes à l’IRIS, les données sont « l’or noir de l’ère post-industrielle ». Ainsi, elles seraient considérées comme une ressource précieuse, exploitée pour en extraire de la richesse. Mais pourquoi nos propres données sont-elles si sauvagement disputées et vendues à prix d’or ? Quelle richesse représentent-elles pour une entreprise ou un Etat, qui en raffolent?

Dans un monde transformé par la révolution numérique, nos informations personnelles se dévoilent via la plupart des services connectés de notre quotidien.  Une fois traitées, analysées, ces informations permettent une personnalisation de tous les services, qui seront toujours plus adaptés à notre profil. Mais leur collecte est aussi un formidable outil de propagande pour les puissances commerciales ou étatiques, capable de nous délivrer individuellement une information judicieusement taillée pour nous convaincre, de la qualité d’un produit ou encore d’une personnalité politique. Quant à son association avec l’intelligence artificielle et la reconnaissance faciale, elle entraîne le potentiel d’une surveillance plus massive que jamais.

Le développement des villes intelligentes et du véhicule autonome, intensément connectés, sont autant d’avancées technologiques qui ne devraient qu’intensifier la collecte de nos données, par nécessité de fonctionnement. De nos habitudes de consommation à notre localisation en temps réel, nous ne pourrons littéralement plus rien cacher ; et bien que nous soyons de plus en plus informés de l’utilisation de nos informations personnelles par les GAFA ou les Etats, nous les communiquons déjà de plus en plus massivement, en toute indifférence. Cette transparence serait-elle devenue le prix à payer pour obtenir un service de haute technologie ?

Si la collecte de nos données peut se faire au service de l’amélioration des services et de la vie de chacun, sa régulation est un élément à prendre prioritairement en compte pour éviter les nombreuses dérives possibles, de la désinformation à la perte de notre intimité.

Cassandra Macé

Autonomy Summit 2018 : l’Humain au cœur du futur projet urbain

Alors que les progrès technologiques semblent nous dépasser, que les incertitudes écologiques et sociétales se multiplient, la tenue du Sommet Autonomy 2018 nous a réconciliés avec le futur. Il y était bien sûr question des véhicules de demain, mais  désormais il ne s’agit plus de parler de transport mais de mobilité.

Finalement, peu importe le véhicule, pourvu que l’Homme soit considéré. Avec ses vulnérabilités, ses doutes, ses craintes, ses besoins, comment et par quels moyens pourrait-il se déplacer demain ? Comment la Ville du futur pourrait devenir un agréable espace de vie, et non plus le théâtre d’une circulation qui ne cesse de s’intensifier? Comment respecter la vie privée des citoyens, tout en les protégeant à bord d’un véhicule connecté, voire autonome?

La nouvelle place que prend l’Homme dans le projet urbain est enthousiasmante et révolutionnaire. Assurer sa sécurité, le respect de sa personne, tout en assainissant l’environnement au sein duquel il évolue semblent être plus que jamais au cœur de la feuille de route des collectivités locales et acteurs de la mobilité. Ces derniers se sont montrés impliqués et passionnés, conscients des obstacles mais aussi de l’opportunité que représente ce que l’on appelle déjà une révolution. La richesse de leurs profils, du secteur public au privé, du monde académique à la société civile, démontre  cet espoir global d’offrir un cadre de vie plus sain et accessible, en luttant contre la pollution et la congestion des villes.

Parmi cette communauté internationale se dessinait une vision commune d’un futur idéal : remplacer petit à petit la voiture traditionnelle par une variété de véhicules alternatifs électriques, partagés voire autonomes, où la place des données serait aussi respectueuse qu’efficace. Le chemin reste toutefois semé d’embuches, et ces problèmes furent ouvertement évoqués, comme la gestion de la période de transition entre la société d’aujourd’hui et celle de demain, ou la nécessité d’imposer des normes face aux stupéfiantes avancées technologiques.

Si le chemin est encore long, la destination vers laquelle nous semblons avancer nous séduit. Espérons que la route empruntée soit autant que possible éthique, respectueuse de l’Homme et de son environnement.

 

Cassandra Macé & Marie Schmidt

 

 

Unir aussi fait sa rentrée

En cette semaine de rentrée, ne ratez rien de ce qui a fait et fera l’actualité d’Unir.

Cycle 1 : Une étude qui a fait parler d’elle  

Le 20 mars, la présentation des résultats de l’étude menée pendant le premier cycle d’Unir révélait un malentendu sémantique caché au cœur du terme « véhicule autonome » derrière lequel chacun y va de son concept. En effet, monsieur et madame Toulemonde se voient bien installés à ne rien faire dans un habitacle traçant sa route sans aucune intervention de leur part, tandis que les experts tiennent un discours plus nuancé : pour eux un véhicule autonome peut évoluer seul ou avec un conducteur, dans un environnement déterminé ou non.

Ce malentendu est porté et entretenu par un facteur prédominant : la communication positive qui nous arrive des Etats-Unis ou plus précisément de la Silicon Valley. Depuis la Californie, les acteurs de la nouvelle mobilité relaient sur les réseaux sociaux des messages positifs et attirants, qui présentent le véhicule autonome comme un moyen de transport facile et sûr.

En France, le sujet, principalement préempté par les pouvoirs publics, génère auprès du grand public un sentiment de sécurité (si les pouvoirs publics l’adoptent, alors la technologie doit être sûre !), mais également de distance. Ainsi, loin du modèle individuel entretenu par les acteurs américains, les citoyens français estiment que ce mode de transport sera plutôt collectif et répondra aux difficultés rencontrées par les plus vulnérables ou les oubliés de la mobilité urbaine.

Enfin, dernier enseignement de cette étude, si les médias français se penchent régulièrement sur le sujet, les journalistes préfèrent l’angle pédagogique… mâtiné d’un soupçon de scepticisme.

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Cette analyse, réalisée par le bureau d’études BVA, comporte 3 volets accessibles à nos partenaires dans l’onglet « restitution » de l’espace qui leur est réservé. Les membres permanents du think tank restent à leur disposition, ainsi qu’à toute organisation intéressée, pour procéder à une présentation personnalisée et approfondie de l’étude. Déjà, la pertinence et l’originalité de ces résultats ont permis au think tank d’acquérir une certaine notoriété, tant auprès du secteur public que du secteur privé.

A cet égard, notre partenaire AMC Promotion nous offre une tribune d’expression le 2 octobre prochain. Ce sera ainsi l’occasion pour Christophe Ramond, directeur des recherches à l’association Prévention Routière, de faire un pitch de l’étude en anglais lors du Mondial Tech.

Enfin au regard de l’intérêt suscité par la méthode et par les résultats, le 11 octobre se tiendra une conférence de presse au Mondial de l’Auto. Seront dévoilés des résultats actualisés de l’étude menée par BVA.

Cycle 2 : l’immersion facilite la compréhension

Les cycles se suivent mais ne se ressemblent pas. Pour cette deuxième saison, les membres du think tank ont voulu vivre l’expérience « véhicule autonome » au plus près de sa réalité du moment. Ainsi, se sont succédés des formations, des essais et des visites avec comme point d’orgue la mise en place d’un parcours itinérant au sein de Mondial de l’Auto. A cette occasion, les membres du think tank iront à la rencontre de professionnels du secteur puis partageront un moment de convivialité avec une personnalité de renom.

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Par ailleurs, initiateur d’une méthodologie originale, l’institut d’études Ifop réalisera un rapport d’étonnement sur la base d’un corpus de photos et de commentaires produits par les membres du think tank à l’occasion de leurs différentes expériences. Ce rapport contribuera à enrichir la littérature sur l’acceptabilité du véhicule autonome.

N’hésitez pas à nous suivre sur notre compte Twitter !

Bonne rentrée à tous !

L’équipe d’Unir

Véhicules autonomes : France First !

Le 14 mai, c’est l’effervescence des grands jours à l’hôtel de Roquelaure qui abrite le ministère de la Transition écologique. A la tribune, pas moins de trois ministres et secrétaire d’Etat en exercice et autant ayant déjà occupé ces fonctions par le passé. Dans la salle, de nombreux élus, parlementaires, chefs d’entreprise, chercheurs, responsables d’association…bref un aéropage désireux d’en savoir plus sur la politique de la France pour le développement des véhicules autonomes. Or, parmi ce parterre réuni autour d’Anne-Marie Idrac, Haute responsable pour la stratégie de développement du véhicule autonome, UNIR figure en bonne place, sollicité pour intervenir lors d’une des deux tables rondes organisées à l’occasion.

Des discours des Ministres, on retiendra surtout la solide volonté de promouvoir la souveraineté de la France et son indépendante face aux hégémoniques GAFA et autres pays déjà engagés sur le sujet.

Ainsi, la stratégie nationale portée au plus haut sommet de l’Etat s’engage dans dix actions prioritaires visant à soutenir les expérimentations ; accompagner les efforts de recherche et de développement ; aborder les enjeux sociétaux et éthiques, comme l’a indiqué Monsieur Bruno Le Maire.

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Au-delà des annonces, l’après-midi s’est organisée autour de deux tables rondes.

La première, dédiée à l’industrie et aux services, a mis en avant les dernières technologies et les utilisations concrètes de la mobilité autonome. Le groupe La Poste a ainsi présenté son robot qui assiste les facteurs pour porter le courrier et les colis. En teste dans 5 villes de France, ce caisson mobile autonome reconnaît les jambes du postier afin d’ajuster la distance à maintenir pour le suivre fidèlement dans leur tournée. Véritable précurseur des usages liés à la desserte du dernier kilomètre en ville, ce robot est également un exemple de l’amélioration des conditions de travail que l’on est en droit d’attendre de ces nouvelles mobilités.

Cette première table ronde a permis de rappeler que la définition des usages est prioritaire dans les technologies autonomes.

La seconde table ronde s’est concentrée sur l’attente des territoires et des citoyens aux enjeux européens.

La commission européenne, représentée par Claire Depré, chef de l’unité des transports intelligents, a rappelé le nécessaire besoin de coopération public/privé en matière de mobilité. « Cela passe par la mise en commun des résultats des expérimentations menées dans les territoires ». Vis-à-vis des usagers, la FNAUT a rappelé l’importance de cerner les besoins des citoyens en termes de transport. Le véhicule autonome doit ainsi permettre d’augmenter l’autonomie des usagers. L’expérimentation qui va démarrer à Rouen devrait à ce titre permettre la desserte de 45 villages ruraux. Les freins aux usages seront observés de près dans ce cadre.

Enfin, Anne Lavaud, Déléguée Générale de l’association Prévention Routière, s’exprimant au nom du Think tank Unir, a fait part pour la première fois des résultats de l’analyse sémantique et sémiologique menée à partir de l’étude de plus de 5 millions de messages web. Cette étude a révélé et confirmé l’omniprésence des messages provenant des Etats Unis et plus particulièrement de la Silicon Valley lorsqu’on parle de véhicule autonome. Une omniprésence qui écrase toutes les autres voix et influence considérablement la vision des Français sur ce sujet. En effet, leur arrive principalement une communication positive, basée sur un imaginaire, guidée par les notions de plaisirs, d’humour, d’insouciance. Cette domination américaine est légèrement contrebalancée par une communication de nos pouvoirs publics plus rassurante et sécuritaire, qui emmène vers un mode de transport collectif au service des territoires. Les Français sont donc écartelés entre deux visions tandis que pour en parler, ils n’utilisent qu’un seul et unique vocable, « voiture autonome », qui recouvre pourtant des concepts très distincts sur lesquels même les chercheurs et les experts ne parviennent pas à s’accorder. Anne Lavaud a insisté sur ce malentendu qui crée chez les Français des zones de risque. En effet, à force de croire (parce qu’on leur dit) qu’ils disposent d’une voiture autonome lorsqu’ils sont au volant d’un véhicule doté d’aides à la conduite, ils pensent pouvoir s’affranchir de l’indispensable attention pour la route et pour autrui qui perdurera pourtant pendant toute la période de transition qui commence maintenant pour une durée indéterminée.

Cette première présentation des résultats a suscité beaucoup d’intérêt confirmant ainsi la valeur ajouté d’UNIR au cœur de ce débat national.

 

Marie Schmidt

Audition d’Anne Marie Idrac, Haute responsable pour la stratégie nationale de développement des véhicules autonomes

Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable

Mercredi 17 janvier 2018

 

Le contexte : Manque de structuration politique mais moment important pour prendre en main le sujet vis-à-vis des assises de la mobilité et de la relance du Conseil National de l’Industrie.

Mme Idrac a été nommée pour animer la stratégie nationale sur le véhicule autonome, document cadre pour l’action publique. Environ 50 organisations ont été consultées. Il en ressort :

  • Forte attente à l’égard des pouvoirs publics pour sécuriser le cadre législatif ;
  • Nécessité d’intégrer le véhicule autonome dans une approche globale de mobilité ;
  • Mieux structurer les expérimentations ;
  • Travailler les questions d’acceptabilité sociale, d’éthique (bien qu’il n’y ait pas eu beaucoup de remontées sur ce sujet dans la consultation).

Sur la base de ces consultations, une publication interministérielle sera faite début février.

La stratégie d’action publique d’ici 5 ans est :

  • Expérimenter ;
  • Sécuriser au niveau juridique et sécurité routière ;
  • Accompagner par la formation, des politiques urbaines etc.

Prochaines étapes :

  • Loi mobilité : Mme Idrac a proposé de prendre des dispositions pour avancer dans les expérimentations d’ici 2022 ;
  • Déployer le programme d’expérimentation de manière large, notamment dans le cadre du Programme d’Investissement d’Avenir ;
  • Aborder les questions d’éthiques et d’acceptabilité sous forme ouverte visant à identifier les questionnements qui se posent ;
  • UE : Mme Idrac va rencontrer différents commissaires européens (innovation, industrie, move, etc). La Commission européenne doit mettre en circulation en mai 2018 une communication sur le sujet. Mme Idrac y contribuera afin de placer les expérimentations françaises ;
  • Aspects réglementaires de la CEE-ONU : le cadre évolue lentement car la réglementation technique est assez complexe. C’est pourquoi, Mme Idrac souhaite dialoguer avec la Commission européenne pour avancer et anticiper les travaux à l’ONU.

Les échanges avec les sénateurs ont permis à Mme Idrac de préciser certains points :

  • Infrastructures. Trouver une combinaison entre signalisation, connectivité, cartographie et numérique afin que l’on ait des infrastructures avec des équipements ad-hoc performants. Pour les transports publics c’est différent car ils sont plus intégrés dès le départ.
  • A l’international. La France est bien positionnée. Elle a fait plusieurs propositions et souhaite désormais une réglementation horizontale, qui soit adaptée aux différents cas d’usages. C’est long et c’est pourquoi avec l’UE on doit avancer plus rapidement. La compétition mondiale est forte notamment du fait qu’aux Etats-Unis, ce sont les Etats qui légifèrent.
  • Assurance / responsabilité: Pour les expériences, la loi de 2016 pose les questions de responsabilité. La base juridique est cependant insuffisante pour border le cas de la responsabilité lors de la vigilance partielle. Les assureurs ne soulèvent que très peu la question de la responsabilité. La Loi Badinter suffit pour le moment.
  • Emploi: pour la gestion des flottes on verra se développer des métiers de supervision. A long terme des professions (taxis etc) évolueront. Les interrogations portent sur la préservation de la relation client.
  • Besoin de changer le paradigme. Aujourd’hui on ne perçoit pas tout. On apprendra en expérimentant. Ce n’est pas possible de répondre à toutes les questions quand on est dans l’innovation. Ce qui est certain c’est que le temps de renouveler l’ensemble du parc automobile il y aura un temps de cohabitation. Les véhicules restent des outils, ils fonctionnent dans le cadre que les autorités leur créent. Un outil technique ne résout pas en lui-même tous les problèmes économiques, d’emploi, il les renouvelle.

Marie Schmidt

Forum Libération-France Inter sur l’intelligence artificielle : « l’humain va devoir faire preuve de plasticité »

Le Forum sur l’intelligence artificielle, organisé par Libération et France Inter, a réuni ce mercredi 24 janvier un panel d’intervenants venant d’horizons différents, allant de Cédric Villany, député, à Enki Bilal, dessinateur et scénariste, qui ont pu s’exprimer sur ce sujet au cœur de nombreux fantasmes. Petit résumé des principaux enseignements de ce forum.

Si l’intelligence artificielle entrainera la suppression d’emplois dans de nombreux secteurs (aucun chiffre précis n’a été avancé jusqu’ici, les estimations variant du simple au double), certains traits indissociables de l’humain ne lui sont cependant pas (encore ?) accessibles, comme la créativité et la sensibilité. Par ailleurs, l’humain reste primordial dans la programmation de l’intelligence artificielle, ainsi que pour assurer le « service après-vente » de celle-ci. Ainsi, loin d’annoncer l’inutilité des humains dans les emplois futurs, les intervenants ont insisté sur le fait que l’humain devra faire preuve de plasticité pour s’adapter aux changements technologiques mais qu’il ne sera en aucun cas remplacé par l’intelligence artificielle.

Autre sujet au cœur des débats : l’éthique. Les véhicules autonomes vont devoir « automatiser l’éthique », il devient donc urgent de prendre des mesures claires sur ce sujet, mesures qui définiront la société dans laquelle nous évoluerons. Alors que la CNIL a publié en décembre un rapport sur l’éthique des algorithmes et de l’intelligence artificielle, sa présidente, Isabelle Falque-Pierrotin, est revenue sur plusieurs des conclusions, notamment celle d’inclure un principe de « vigilance » et de « loyauté » dans l’utilisation des algorithmes.

Après des discussions assez techniques et concrètes, la soirée s’est conclue par une conversation entre Yann LeCun, un des grands spécialistes de l’intelligence artificielle, et Enki Bilal. Ce dernier panel a apporté un peu de hauteur au débat, en s’interrogeant sur le rôle que joue la science-fiction dans notre perception de l’intelligence artificielle. La technologie aurait-elle, sinon dépassée, au moins rattrapée les prévisions d’Orson Wells ou du film « 2001, l’odyssée de l’espace » ?  Yann LeCun, qui a été à la tête du laboratoire de recherche de l’intelligence artificielle de Facebook pendant 5 ans, semble répondre par l’affirmative.

Estelle Emery

La journée internationale des assises de la mobilité : le digital et l’humain au centre des débats

Dans le cadre des assises de la mobilité, une journée internationale s’est tenue, réunissant experts et intervenants du monde entier. Cet évènement fut l’occasion de découvrir des initiatives, projets et politiques publiques mis en place dans différents pays, offrant un regard neuf, intéressant mais surtout utile sur ce qu’il se fait  à l’international. Parmi les principales leçons tirées de cette journée, une mérite d’être notée : oui le digital est un facteur incontournable de la mobilité de demain, mais l’humain reste aux commandes de cette mobilité.

Cette journée comprenait trois panels : Nouvelles formes de mobilité, digitalisation et Mobility-as-a-Service suivi de Conduite automatisée et politique de mobilité et enfin Objectifs de politiques de mobilité. L’introduction du panel 2, sur la conduite automatisée, a été faite par Anne-Marie Idrac, récemment nommée représentante française à haut niveau pour le développement du véhicule automatisé et Jean-François Sencerin, pilote du groupe véhicule autonome de la Nouvelle France industrielle. Mme Idrac a présenté les deux visions qu’elle préconise sur ce thème: une approche industrielle et une approche plus centrée sur la mobilité des usagers. Elle a également rappelé une question essentielle, qui est au cœur de la réflexion des instances publiques : « à quoi sert le développement du véhicule autonome et quelle est sa valeur ? Une fois la valeur définie, celle-ci impactera le modèle économique qui doit être mis en place ». Enfin, elle a insisté sur le fait que le développement du véhicule autonome permet d’apporter de l’oxygène dans les questionnements traditionnels (congestion, parking, infrastructure, paiement, tarification) liés à la mobilité.

Photo voiture autonome

Au cours du débat qui a suivi, plusieurs intervenants ont lancé un appel au partage des résultats des expérimentations menées par les acteurs du véhicule autonome. En effet, une collaboration plus développée serait bénéfique à tous et permettrait de meilleures avancées technologiques.

L’intervention du chef de service de l’urbanisme de la ville de Sion en Suisse, a permis d’avoir un retour concret puisque la ville a mené une expérimentation en circuit ouvert. Il en ressort que la principale difficulté pour une banalisation de ce mode de transport réside dans l’absence de communication entre le véhicule autonome et la communauté urbaine. Mais néanmoins « ces expérimentations restent très utiles comme support de transmission de l’information afin d’améliorer la mobilité ».

Par ailleurs, tous les intervenants venant d’institutions nationales ou européennes ont souligné la lenteur des prises de décision, comme étant un frein au développement des véhicules autonomes : « Les GAFA eux ne nous attendent pas ».

La ministre chargée des Transports, Elisabeth Borne, qui a conclu cette journée, a répété la question d’Anne-Marie Idrac : « A quoi va servir le véhicule autonome et qu’est-ce qu’on veut en faire ? », sous-entendu, quel sera l’intérêt réel pour l’utilisateur ? Cette question qui apparait être au cœur de l’approche des autorités publique sur le développement du véhicule autonome, rejoint le parti pris d’Unir, pour qui les comportements humains sont un paramètre essentiel de la mobilité de demain.

La stratégie globale du gouvernement ne sera présentée que début février 2018, nous restons donc vigilants pour étudier les propositions qui seront faites sur la voiture autonome, que nous espérons nombreuses et pertinentes.

 

Estelle Emery

Premiers pas officiels pour Unir

Deux mois après son lancement officiel, Unir fait ses premiers pas dans la cour des grands grâce à l’invitation de Joël Valmain, conseiller technique Europe – international de la délégation à la sécurité et à la circulation routières, à intervenir à l’occasion de la journée du comité des études de la Délégation à la Sécurité Routière.

Ce jeudi 23 novembre, j’ai donc pu assister aux côtés d’un public majoritairement constitué de membres siégeant au Conseil National de la Sécurité Routière, à une série de présentations visant à exprimer la vision de l’administration et les résultats de la recherche publique sur le sujet du véhicule automatisé. Au milieu des panelistes assez traditionnels, Unir a titillé le format classique des présentations power point, faisant entendre une petite voix qui souhaite porter haut son influence.

Les exposés de la matinée furent consacrés aux perspectives de déploiement des véhicules autonomes vis-à-vis de la sécurité routière, des réglementations techniques et internationales.

On apprend ainsi que pour homologuer une voiture « classique », 62 actes réglementaires gouvernent la procédure. Ceux concernant les véhicules automatisés sont encore en cours d’élaboration notamment à Genève, où le groupe WP 29 s’affaire à ces questions. C’est également en Suisse que, plus de 40 ans après la convention de Genève sur la réglementation routière, les négociations du groupe WP 1 sont de plus en plus sensibles, donc progressent lentement. Depuis le célèbre amendement de l’article 8 autorisant les systèmes de conduite automatisée sur les routes, de nouvelles évolutions sont à noter et notamment : le fait que toutes les expérimentations nationales soient considérées hors conventions internationales, donc placées sous responsabilité nationale ; le paragraphe 5 de l’article 8 s’interprète comme s’appliquant uniquement aux fonctions d’aides à la conduite et aux fonctions automatisées validées par le WP 29. En complément, le WP 1 est tombé d’accord pour autoriser les fonctions de park-assist tant que l’usager reste dans un périmètre de 6 mètres.

Concernant les expérimentations, les retours d’expériences démontrent qu’aucun accident n’est survenu contrairement aux incidents souvent liés à la perte de localisation et à la déviation de trajectoire.

Avant la pause-déjeuner, l’IFFSTAR a remonté le temps en présentant les premiers projets évoquant le véhicule autonome, datant notamment de 1997 et démontant par eux même que les ADAS (Advanced Driver Assistance System) ont déjà pris quelques rides. En 2010, c’est Google, qui, dans un coup d’éclat marketing, a remis sur le devant de la scène l’idée d’un véhicule autonome dans l’imaginaire des citoyens. Depuis, de nombreux projets techniques et scientifiques sur l’automatisation ont vu le jour.

Voilà pourquoi le sujet suscite de nouvelles réflexions comme l’a démontré la tonalité donnée aux présentations du début d’après-midi. Réflexions juridiques tout d’abord notamment sur la responsabilité, le tribunal compétent, les données personnelles, la jurisprudence déjà existante. Puis réflexions sur les limites du véhicule connecté portées par les conclusions de l’étude portée conduite par la Fondation Maif et l’UTAC concernant les tests sur route de 4 véhicules autonomes.

Les présentations de fin d’après-midi furent orientées sur les aspects comportementaux liées à la voiture autonome. Avec Anne Lavaud nous avons ainsi eu l’occasion de présenter Unir. Si les résultats de notre premier cycle ne sont pas encore disponibles, nous avons cependant fait part de la démarche, du fonctionnement cyclique et itératif et de la thématique actuelle de travail. Les projets actuels et futurs de l’IFFSTAR sont venus clore la journée en évoquant le travail sur la sécurité des occupants de véhicules autonomes et autres usagers de la route dans le cadre de leur mise en circulation. Ces travaux prévus sur cinq ans permettront de détenir de nouvelles connaissances sur les interactions entre le véhicule autonome et les véhicules légers d’aujourd’hui / les deux roues motorisées / les piétons et cyclistes, mais également d’étudier les nouvelles postures des occupants et les besoins des usagers séniors.

Marie Schmidt