Véhicules autonomes : France First !

Le 14 mai, c’est l’effervescence des grands jours à l’hôtel de Roquelaure qui abrite le ministère de la Transition écologique. A la tribune, pas moins de trois ministres et secrétaire d’Etat en exercice et autant ayant déjà occupé ces fonctions par le passé. Dans la salle, de nombreux élus, parlementaires, chefs d’entreprise, chercheurs, responsables d’association…bref un aéropage désireux d’en savoir plus sur la politique de la France pour le développement des véhicules autonomes. Or, parmi ce parterre réuni autour d’Anne-Marie Idrac, Haute responsable pour la stratégie de développement du véhicule autonome, UNIR figure en bonne place, sollicité pour intervenir lors d’une des deux tables rondes organisées à l’occasion.

Des discours des Ministres, on retiendra surtout la solide volonté de promouvoir la souveraineté de la France et son indépendante face aux hégémoniques GAFA et autres pays déjà engagés sur le sujet.

Ainsi, la stratégie nationale portée au plus haut sommet de l’Etat s’engage dans dix actions prioritaires visant à soutenir les expérimentations ; accompagner les efforts de recherche et de développement ; aborder les enjeux sociétaux et éthiques, comme l’a indiqué Monsieur Bruno Le Maire.

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Au-delà des annonces, l’après-midi s’est organisée autour de deux tables rondes.

La première, dédiée à l’industrie et aux services, a mis en avant les dernières technologies et les utilisations concrètes de la mobilité autonome. Le groupe La Poste a ainsi présenté son robot qui assiste les facteurs pour porter le courrier et les colis. En teste dans 5 villes de France, ce caisson mobile autonome reconnaît les jambes du postier afin d’ajuster la distance à maintenir pour le suivre fidèlement dans leur tournée. Véritable précurseur des usages liés à la desserte du dernier kilomètre en ville, ce robot est également un exemple de l’amélioration des conditions de travail que l’on est en droit d’attendre de ces nouvelles mobilités.

Cette première table ronde a permis de rappeler que la définition des usages est prioritaire dans les technologies autonomes.

La seconde table ronde s’est concentrée sur l’attente des territoires et des citoyens aux enjeux européens.

La commission européenne, représentée par Claire Depré, chef de l’unité des transports intelligents, a rappelé le nécessaire besoin de coopération public/privé en matière de mobilité. « Cela passe par la mise en commun des résultats des expérimentations menées dans les territoires ». Vis-à-vis des usagers, la FNAUT a rappelé l’importance de cerner les besoins des citoyens en termes de transport. Le véhicule autonome doit ainsi permettre d’augmenter l’autonomie des usagers. L’expérimentation qui va démarrer à Rouen devrait à ce titre permettre la desserte de 45 villages ruraux. Les freins aux usages seront observés de près dans ce cadre.

Enfin, Anne Lavaud, Déléguée Générale de l’association Prévention Routière, s’exprimant au nom du Think tank Unir, a fait part pour la première fois des résultats de l’analyse sémantique et sémiologique menée à partir de l’étude de plus de 5 millions de messages web. Cette étude a révélé et confirmé l’omniprésence des messages provenant des Etats Unis et plus particulièrement de la Silicon Valley lorsqu’on parle de véhicule autonome. Une omniprésence qui écrase toutes les autres voix et influence considérablement la vision des Français sur ce sujet. En effet, leur arrive principalement une communication positive, basée sur un imaginaire, guidée par les notions de plaisirs, d’humour, d’insouciance. Cette domination américaine est légèrement contrebalancée par une communication de nos pouvoirs publics plus rassurante et sécuritaire, qui emmène vers un mode de transport collectif au service des territoires. Les Français sont donc écartelés entre deux visions tandis que pour en parler, ils n’utilisent qu’un seul et unique vocable, « voiture autonome », qui recouvre pourtant des concepts très distincts sur lesquels même les chercheurs et les experts ne parviennent pas à s’accorder. Anne Lavaud a insisté sur ce malentendu qui crée chez les Français des zones de risque. En effet, à force de croire (parce qu’on leur dit) qu’ils disposent d’une voiture autonome lorsqu’ils sont au volant d’un véhicule doté d’aides à la conduite, ils pensent pouvoir s’affranchir de l’indispensable attention pour la route et pour autrui qui perdurera pourtant pendant toute la période de transition qui commence maintenant pour une durée indéterminée.

Cette première présentation des résultats a suscité beaucoup d’intérêt confirmant ainsi la valeur ajouté d’UNIR au cœur de ce débat national.

 

Marie Schmidt

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