La journée internationale des assises de la mobilité : le digital et l’humain au centre des débats

Dans le cadre des assises de la mobilité, une journée internationale s’est tenue, réunissant experts et intervenants du monde entier. Cet évènement fut l’occasion de découvrir des initiatives, projets et politiques publiques mis en place dans différents pays, offrant un regard neuf, intéressant mais surtout utile sur ce qu’il se fait  à l’international. Parmi les principales leçons tirées de cette journée, une mérite d’être notée : oui le digital est un facteur incontournable de la mobilité de demain, mais l’humain reste aux commandes de cette mobilité.

Cette journée comprenait trois panels : Nouvelles formes de mobilité, digitalisation et Mobility-as-a-Service suivi de Conduite automatisée et politique de mobilité et enfin Objectifs de politiques de mobilité. L’introduction du panel 2, sur la conduite automatisée, a été faite par Anne-Marie Idrac, récemment nommée représentante française à haut niveau pour le développement du véhicule automatisé et Jean-François Sencerin, pilote du groupe véhicule autonome de la Nouvelle France industrielle. Mme Idrac a présenté les deux visions qu’elle préconise sur ce thème: une approche industrielle et une approche plus centrée sur la mobilité des usagers. Elle a également rappelé une question essentielle, qui est au cœur de la réflexion des instances publiques : « à quoi sert le développement du véhicule autonome et quelle est sa valeur ? Une fois la valeur définie, celle-ci impactera le modèle économique qui doit être mis en place ». Enfin, elle a insisté sur le fait que le développement du véhicule autonome permet d’apporter de l’oxygène dans les questionnements traditionnels (congestion, parking, infrastructure, paiement, tarification) liés à la mobilité.

Photo voiture autonome

Au cours du débat qui a suivi, plusieurs intervenants ont lancé un appel au partage des résultats des expérimentations menées par les acteurs du véhicule autonome. En effet, une collaboration plus développée serait bénéfique à tous et permettrait de meilleures avancées technologiques.

L’intervention du chef de service de l’urbanisme de la ville de Sion en Suisse, a permis d’avoir un retour concret puisque la ville a mené une expérimentation en circuit ouvert. Il en ressort que la principale difficulté pour une banalisation de ce mode de transport réside dans l’absence de communication entre le véhicule autonome et la communauté urbaine. Mais néanmoins « ces expérimentations restent très utiles comme support de transmission de l’information afin d’améliorer la mobilité ».

Par ailleurs, tous les intervenants venant d’institutions nationales ou européennes ont souligné la lenteur des prises de décision, comme étant un frein au développement des véhicules autonomes : « Les GAFA eux ne nous attendent pas ».

La ministre chargée des Transports, Elisabeth Borne, qui a conclu cette journée, a répété la question d’Anne-Marie Idrac : « A quoi va servir le véhicule autonome et qu’est-ce qu’on veut en faire ? », sous-entendu, quel sera l’intérêt réel pour l’utilisateur ? Cette question qui apparait être au cœur de l’approche des autorités publique sur le développement du véhicule autonome, rejoint le parti pris d’Unir, pour qui les comportements humains sont un paramètre essentiel de la mobilité de demain.

La stratégie globale du gouvernement ne sera présentée que début février 2018, nous restons donc vigilants pour étudier les propositions qui seront faites sur la voiture autonome, que nous espérons nombreuses et pertinentes.

 

Estelle Emery

Laisser un commentaire